J.W.

21 ans 

 

 

Le 2 janvier 1962, je pars à l'armée ...

... effectuer mon service militaire. A l'époque, on partait pour deux ans. 

 

Mais dans les sept années précédentes, il s'en est passé des choses ... 

 

Tout le monde devrait passer par un lycée technique.

Merci monsieur Cordier. Merci d'avoir persuadé mes parents de ne pas m'envoyer au lycée "normal". 

Comme je rêvais de devenir pilote d'avion j'ai cherché un établissement technique dans le domaine de l’aviation. J’ai trouvé. L’ETA (l’école technique aéronautique). J’ai passé un concours et j’ai été reçu.

 

Combien d’élèves de ma promotion sont intervenus dans la construction des plus beaux avions que la France a produits. Presque tous. Sauf deux ou trois qui ont divergé. Dont moi. Qui moi, ne suis pas devenu un technicien supérieur de l'aéronautique, mais les trois années que j'ai passées à l'ETA m'ont délié la main.

J'ai ainsi la chance de n'être pas un pur intellectuel. Parce que nombre de ceux que je connais comme "purs intellectuels" sont, d’une certaine manière, des hémiplégiques, 

 

Je voulais à tout prix devenir pilote ...

... donc, et il me fallait le bac. Je l’ai préparé tout seul. Dans mon coin. 

Enfin, pas tout à fait parce que, dès qu’il faisait beau, j’allais sur le toit de l’école pour réviser.

En face … Elle. Une fille de mon âge dans le jardin de ses parents. Sa vue me donnait du courage. Un jour, je pourrais …

Elle habitait le sentier des Lilas ; je suis passé dans la ruelle et j'ai noté son nom, pour plus tard, quand je reviendrai avec le courage de sonner.

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En 68, je me suis rendu chez un ami qui vivait à deux minutes à pied de l'ETA. J'ai accompli un pélerinage et je suis entré dans la sente dont l'entrée n'avait pas changé d'aspect. Mais vingt mètres plus loin, j'ai découvert que son jardin avait été détruit pour construire un immeuble.

J'ai éprouvé un profond sentiment de détresse : j'étais décidé de sonner. Pour la voir, pour lui dire combien sa silhouette m'avait touché, ému. Je voulais lui toucher la main. Deux secondes. Puis partir. 

 

Voilà l'image qui me l'évoque. 

 

 

 

 

Peinture de Berthe Morizot de 1889.

 

 

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Cette bluette m'évoque toutes les occasions ratées de cette nature dont ma vie - dont toutes les vies - foisonnent.

 

Un ange passe, ...

 

Pas de fac pour moi.

Provincial jusqu’à la moelle, je n'avais pas compris comment  fonctionnait l'université. Je devais m'inscrire à Jussieu en MPC (mathématique, physique, chimie), mais j’ai laissé passer la date limite d’inscription et le destin va en profiter.

N’étant pas inscrit, je n’ai pas de bourse et j’ai dû travailler.

J’ai trouvé un poste de surveillant au Foyer des orphelins de Cachan. J’avais 18 ans et j’étais entouré de grandes filles de mon âge. Troublant.

L’un des autres "pions"

 

 

 

 

 

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La suite de la rubrique est en cours d'éciture.

 

 

 

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© Jacques Willemont